Partager l'article ! L’anti-Sarkozysme est-il louable ou contre-productif ?: Ayant adhéré au MRC à la suite de l’élection en 2007 ...
Ayant adhéré au MRC à la suite de l’élection en 2007 de Mr Sarkozy de Nagy Bocsa à la Présidence de la République, je suis toujours désagréablement surpris de me voir opposé un argument d’autorité : « il ne faut pas verser dans l’anti-Sarkozysme primaire ».
Cette phrase est régulièrement répétée, dans les débats qui se multiplient parmi les différentes formations d’opposition, qu’elles soient à droite ou à gauche d’ailleurs.
Véritable psitaccisme castrateur (vous pouvez vérifier, ce mot existe), cette phrase me semble symboliser dans son impuissance reconnue l’incapacité dans laquelle les forces de Gauche se trouvent face à cette « Droite décomplexée » symbolisée par Mr Sarkozy de Nagy-Bocsa.
Car finalement, quel mal y aurait-il à être anti-Sarkozysme, primaire ou secondaire ?
En quoi cela porterait-il atteinte à la conception et à la mise en œuvre d’un projet politique et républicain d’alternance ?
Tout d’abord, relevons que ce terme « d’Anti-Sarkozysme » est déjà la reconnaissance qu’il existerait un Sarkozysme, ce qui ne manquera pas de faire sourire celles et ceux qui se rendent compte, à la suite d’Emmanuel Todd ou d’Edwy Plenel, à quel point le « moment Sarkozy » que vit (subit serait plus exact) notre pays aujourd’hui est moment VIDE.
Vide de sens, vide de valeur, vide idéologique, vide politique….
La nature ayant horreur du vide, ce « moment » est donc une période où l’habillage marketing prime sur l’action efficace, où la mise en forme politico-médiatique d’un amateurisme est érigée en mode normal de gouvernement.
Vous le voyez, vous-même avez à cet instant du mal à vous empêcher de vous dire : ce texte est d’un « anti-sarkozysme primaire ».
Est-ce le terme « d’amateurisme » ? Il est pourtant dans plusieurs des derniers rapports de la Cour de Compte.
Est-ce l’accusation de privilégier le marketing, le bruit médiatique, à l’action et aux choix politiques ? Comment contester un tel constat partagé par de plus en plus de français…. Et qui se retrouve dans le goût prononcé de l’UMP pour les sondages de toutes sortes…
Bref, cette accusation est finalement la meilleure défense du Pouvoir en place, et le plus sûr moyen pour lui d’esquiver ses responsabilités et de fuir les questions sur son bilan, qui ne peuvent qu’être dérangeantes tant il est à ce jour calamiteux…
Et vous avouerez qu’il est bien dommage que cette défense du Pouvoir en place viennent des rangs mêmes de ses plus actifs opposants.
Finalement, la mainmise de l’UMP sur la République (aboutissant à l’instauration d’un Etat absolu UMP) met chacun face à un choix éthique :
- soit rester dans les limites d’une forme modérée d’expression, qui sera nécessairement inefficace face au flot médiatique ininterrompu déployé par les Alliés intéressés de l’UMP.
- soit, constater qu’il n’y a RIEN à sauver de ce VIDE, de ce gouvernement, et de ses actes, si contraires aux principes et aux valeurs républicaines et nationales.
Et ce constat n’est pas la preuve d’une déviance, d’un extrémisme qu’il conviendrait de combattre, mais plutôt le signe d’un réflexe républicain salutaire…
Contre une Droite décomplexée et dangereuse, l’heure n’est plus aux tergiversations, aux interrogations de formes, mais à un sursaut républicain.
Face à la multiplication des lois « scélérates », des atteintes aux principes et aux valeurs de la république, des choix économiques aveugles et dramatiques pour l’avenir de nos enfants, il n’est plus temps de s’interroger sur le fait de savoir si « l’anti-Sarkozysme » est louable ou contre-productif !
Au contraire, il faut que chacun ouvre les yeux, et réalise à quel point il est impératif, face aux
défis auxquels notre pays va être confronté, que le « moment Sarkozy » ne se prolonge pas au-delà de mai 2012…
Cédric MAS , pour le comité de Marseille